> Temps territorial
Qualité publique et temporalités
Ce théme n’a pas fait spécifiquement l’objet d’un groupe de travail de France Qualité Publique bien que plusieurs de ses adhérents travaillent cette question : Paris, Angers, Dunkerque... Il est notamment complémentaire du thème "Accueil".
Problématique
Avec le développement des horaires de travail décalés (soir, week-end), du temps partiel, la réduction du temps de travail (35 h) mais le "toujours plus vite", l’augmentation de la durée de vie, les communications en "temps réel", le développement de la mobilité, l’urbanisation, ... :
- Comment mieux articuler temps de la vie, temps de travail, temps des déplacements, temps des services, temps des équipements, temps des projets ?
- Comment, au-delà des horaires, adapter l’offre de services publics aux nouveaux besoins de populations de plus en plus différenciés ?
- Comment plus généralement identifier les dysfonctionnements ayant un décalage temporel comme causes et trouver des solutions qui puissent influer le comportement des acteurs ?
Le temps est une donnée transversale qui interroge la qualité publique et nécessite une réflexion globale et systémique.
Historique
C’est en Italie en 1985, sous l’impulsion de mouvements de femmes que la question a été politiquement posée au niveau national. Une loi a donné compétences au Maire d’organiser le dialogue entre tous les acteurs des territoires concernés par l’organisation des horaires et rythmes de vie.
Plus de 90 villes italiennes ont un « bureau des temps » et font, avec l’aide d’urbanistes et de sociologues, un « plan des temps » comme en France se font les plans de déplacements urbains.
L’Allemagne, l’Angleterre, l’Espagne, les Pays-Bas se sont largement impliqués dans les démarches temporelles avec le soutien de programmes de la Commission européenne.
En France des villes, St Denis, Poitiers, Angers, Paris, Rennes, Montpellier, Lyon, Dunkerque, … comme les départements de La Gironde et du Territoire de Belfort se sont dotées d’un bureau des temps.
En septembre 2000, lors de la conférence nationale " Les temps de la vie quotidienne ", le premier ministre Lionel Jospin a déclaré : " La vie est du temps. Une politique qui s’intéresse au temps, c’est une politique de la vie " ; " Nous devons mettre les villes " au tempo " de leurs habitants ". Il a affirmé la volonté du Gouvernement de continuer à " agir et réformer pour que plus de temps puisse être consacré à tout ce qui fait une vie accomplie " et notamment :
- la mise en place d’un cadre de réflexion sur l’adaptation des services, sous forme de bureaux des temps, lors des projets territoriaux de l’Etat ;
- le soutien aux initiatives des collectivités en vue d’harmoniser les temps de la vie quotidienne, à travers les contrats d’agglomération et les contrats de pays ;
- la création d’un Fonds d’innovation pour l’harmonisation des temps destiné à accompagner les villes dans la mise en place d’une politique des temps. L’Institut des villes mettra en place un comité national de suivi pour coordonner cette politique.
Avec l’Association Française d’Excellence Territoriale, l’association Tempo territorial favorise l’échange, le partage, l’apprentissage, la mutualisation, la coopération, entre acteurs des démarches temporelles territoriales.
En 2006, à Barcelone à l’issue du 1er Congrès international « Temps, citoyenneté et commune », la mairie et le Conseil provincial de Barcelone proposent la création d’un réseau européen des villes et villages pour les nouvelles utilisations sociales du temps.
Enjeux
- accompagner l’évolution de l’articulation entre les différents rythmes de vie et de travail : horaires de travail variables ...
- redynamiser des lieux ou des quartiers en difficulté en développant des activités sur une plage horaire plus étendue,
- revoir le fonctionnement des équipements publics : trouver des activités pour les universités en été, éviter de construire un échangeur routier pour des pointes de circulation ...
- inventer de nouveaux services et de nouveaux objets répondant aux nouveaux besoins et porteurs de valeurs et d’emplois : "Noctambus", fêtes nocturnes ( nuit blanche) ...
- adapter le temps des services à ceux des agents, des usagers : guichet unique pour faciliter les démarches et gagner du temps, gardes d’enfants, , commerces ouverts le soir ou le week-end ...
Méthodologie
- identifier des décalages, des difficultés pour les gens lié aux nouveaux rythmes de vie.
- rencontrer et réunir les acteurs concernés par un problème spécifique
- mettre en commun les difficultés et intérêts des uns et des autres
- permettre le débat public sur les pratiques temporelles entre acteurs concernés
- rechercher des ensembles de solutions communes
Facteurs de succès
- pragmatisme
- approche systémique
- concertation avec tous les acteurs concernés
Propositions
- diffuser la problématique, les exemples et les résultats
Exemples emblématiques
- Les Guichets uniques à Poitiers
- "Questions de temps" : Un questionnaire de la ville de Lyon
En savoir plus sur les poliques temporelles
Articles - guides - livres
- Villes et politiques temporelles - Institut des villes
- Pour une urbanistique des temps - Jean-Yves Boulin
- Nouvelles temporalités - nouveaux services - Alain Obadia
- Transit - Temps et mobilité - Bruno Marzloff
Sites
- Association "Tempo Territorial "
- Monpellier, Mission gestion des temps
- Grand Lyon : Espace des temps
- Rennes : Bureau des temps de la ville
- Poitiers : Agence des temps de la CAP
- Paris : Bureau des temps de la ville
- Outils Gender Cherck développé avec l’appui de la ville de Paris
- Groupe chronos
Vos ressources en quelques clics

