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Comparaisons internationales : exercice délicat

“En redressant les données, on se rend compte que la France se place dans une moyenne haute en matière d’emploi public mais pas au rang des pays sur-administrés, décrit Olivier Passet, qui a coordonné les travaux du centre d’analyse stratégique. À l’inverse, certains pays, connus pour avoir fait subir à leurs administrations des traitements de choc, affichent des niveaux d’emploi public plutôt élevés.”

En ajoutant les consommations intermédiaires des administrations aux rémunérations des agents publics, les chercheurs découvrent que les dépenses totales de fonctionnement de l’administration représentent à peine plus de 18 % du PIB en France, contre 18,4 % aux États-Unis, 20,4 % au Canada et 23,2 % au Royaume-Uni. "Cette relative modération de la France, relève Olivier Passet, tient à la faible propension de l’administration française à sous-traiter, contrairement à des pays comme l’Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas, le Canada, le Royaume-Uni ou les États-Unis."

L’exemple du Canada est particulièrement emblématique. Loué pour sa fameuse revue des programmes – dont la RGPP française s’est largement inspirée – opérée en 1994, ce pays compte davantage de fonctionnaires par habitant aujourd’hui qu’il n’en avait à l’époque... Depuis 2000, l’État fédéral et les collectivités recrutent en effet massivement, après un premier programme de réembauche en 1997. Les employeurs publics canadiens ayant même des difficultés à attirer certains profils et subissant de réelles pénuries de main-d’œuvre. Sur le plan des comptes publics, l’opération semble également relever du tour de passe-passe. Car si le budget fédéral est à l’équilibre depuis 1997, les provinces ont, elles, dû augmenter leurs dépenses à un rythme deux fois supérieur à l’État et relever leur endettement de 7 points de PIB en vingt ans. “L’État canadien a essentiellement coupé dans les transferts financiers qu’il accordait aux provinces, décrypte Louis Côté, professeur à l’Université d’administration publique de Québec. Il a pelleté la neige dans le jardin du voisin !”

En savoir plus : acteurs publics

Avis de FQP : les qualiticiens savent qu’il faut toujours se méfier des idées toutes faites et que ce n’est par des enquêtes de terrain précises et des confrontations de points de vue que l’on peut approcher la vérité des choses. On savait déjà que la santé était moins bonne aux Etats Unis qu’en France et coûtait beaucoup plus cher. Ce n’est pas pour autant que nous n’avons pas encore des progrès à faire.

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