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DDE des Bouches du Rhône : concertation sur la L2
La voie de la concertation : la rocade " L2 " à Marseille

On parlait de cette future rocade de contournement de Marseille depuis 1933. Les terrains étant réservés, la ville s’est construite autour de ce projet qui n’avait pas de contenu et traversait 6 quartiers très différents, représentatifs de toutes les couches de la population. Mais le besoin de soulager le centre ville d’une importante circulation de transit avait du mal à contrebalancer pour les riverains la perspective de voir passer 120 000 véhicules par jour. " Emotions, manifestations, conflits... telle était la situation lorsque la maîtrise d’ouvrage passe de la ville de Marseille à la DDE 13 en 1989. Comment rétablir le contact et satisfaire des intérêts divergents mais justifiés des riverains et du maître d’ouvrage ? "
Les éléments de la réussite
- un abandon du projet technique tant que le dialogue ne sera pas renoué avec les parties prenantes et notamment les riverains. " tout projet routier autoritaire porte en lui-même les germes d’un inévitable conflit entre les riverains soudain menacés dans leur environnement et le maître d’ouvrage chargé de résoudre des problèmes de flux dont l’échelle et l’enjeu dépassent le contexte local et s’inscrivent dans des logiques plus globales souvent mal ou non explicitées explique le directeur de la DDE 13 à l’époque. C’est ainsi, dit-il que pour la L2, on est passé d’un programme autoroutier classique à un acte majeur de politique urbaine. Il faut désormais apprendre à gérer la complexité technique, sociale, urbaine avec une certaine marge d’incertitude, changer de point de vue, décider sans tout maîtriser, laisser des choix en instance, écouter pour comprendre, reconnaître ses limites, être patient pour laisser du temps du débat, le temps de l’initiation... ".
- le recours à des tiers. " Grâce à deux sociologues du CERFISE à la fois observateurs, critiques et chroniqueurs permanents, la DDE identifie ses interlocuteurs et leurs revendications et repère les idéologies sous-jacentes afin de mesurer les points de désaccord pour jouer ultérieurement le rôle de médiateur professionnels ".
- une ouverture sur l’extérieur. Ainsi, le comité de défense, les services techniques de la ville de Marseille et de la DDE se sont rendus à plusieurs reprises en Catalogne sur le projet de Rondas de Barcelone. " Barcelone a été une étape initiatique où la prédominance du problème urbain et culturel sur l’aspect fonctionnaliste du projet a été posé dans toute son ampleur. L’enjeu de l’espace public, la capacité de recréer de la ville à l’occasion de la construction intelligente d’une infrastructure civilisée, la confiance mutuelle entre associations de défense et techniciens, remontant à Barcelone aux luttes communes contre la dictature franquiste, sont apparus comme autant de nécessités et d’évidences à récupérer sur le projet de rocade à Marseille "
- une relation de respect mutuel entre les acteurs : " peu à peu la DDE n’était plus à nos yeux le bouc émissaire, mais notre interlocuteur privilégié capable de nous apporter des éclairages, de nous montrer arguments à l’appui- le coût, l’impact et les limites des différentes options. Ignorant tout au départ des mécanismes urbains, des modalités finançiéres et de mise en oeuvre, nous avons pris conscience de la complexité d’un tel projet mais aussi au delà de nos problémes de bruits, de sa raison d’être dans le fonctionnement du Grand Marseille explique Guy Saint-Jean ex-président du comité de défense des Marseillais contre les nuisances de la L2 regroupant une centaine d’association " . Aujourd’hui des riverains désormais initiés aux pratiques d’aménagement siégent aussi dans les jurys d’achitecture et d’environnement.
- un centre d’information, cheville ouvrière de la démarche de concertation. Ce centre situé à la station de métro " Frais-Vallon " au coeur des grands ensembles et du chantier en cours fait parti d’un dispositif d’information géré par un conseil en communication imaginatif et compétent. L’activité du centre tourne autour de plusieurs axes : l’écoute des publics, accueil de visiteurs, courriers... des expositions photos, plans, maquettes,... des visites de chantiers en petit groupe tous les mercredi, des bulletins d’information comme Le Lien et La Trace qui informent tous les riverains de l’évolution technique et quotidienne des travaux mais aussi des hommes qui y sont impliqués. Des comités de suivi réunissent tous les deux mois les associations de riverains (CIQ, Action L2, SOS L2, les associations de locataires, la CIA...) et la DDE pour faire le point sur l’avancement du projet, les questions en suspens ... Pour Gwenola Le Picard, la responsable du centre, " l’aspect relationnel avec les riverains est très important et notamment la prise en compte rapide des questionnement et des inquétudes du public... Le plus gros souci, c’est le bruit. Avant la peur de la destruction du site était bien présente mais elle s’est beaucoup atténuée car la DDE a fait de gros effort en matiére d’aménagements paysagers et urbains. En 1998 après plusieurs années d’information et de concertation, le Centre joue toujours un rôle important, il rassure les riverains par sa proximité, la permanence de sa présence, il permet la remontée d’information et l’échange avec la DDE ".

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