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Fusions de directions : conditions de réussite
L’Institut de la gestion publique et du développement économique a demandé à Jean-Michel Eymeri-Douzans, Professeur à l’IEP de Toulouse, Directeur du Laboratoire des sciences sociales du politique de proposer une synthèse des conditions de réussite pour les fusions dans les administrations. En voici les points clés avec quelques extraits.
Des fusions assez rares, limitées et pourtant difficiles Dans l’histoire administrative, il y a eu peu de fusions (surtout de petites structures) et très peu de fusions réussies. Les structures administratives et les corps structurent l’identité des individus et les comportements, il faut cesser de s’étonner que les fusions soient très difficiles à réaliser. L’analyse conduit à distinguer ce que l’on peut appeler les fusions -« collages », qui sont le cas de loin le plus fréquent, des plus ambitieuses et bien plus rares fusions - « mixages » celle qui produisent le plus d’effets. Une décennie pour réaliser une réelle fusion est un délai normal mais considérable au regard de la temporalité courte des décideurs politiques.
Les facteurs de succès et d’insuccès relatif des fusions
1.Un pré-requis : ne pas donner l’impression que l’un absorbe l’autre veiller à l’équilibre symbolique entre les deux entités,
2.Avoir un projet mobilisateur autre que la chasse au gaspi. Pour emporter la conviction des acteurs, il est nécessaire de justifier la fusion non pas de façon extrinsèque et diffuse (la réalisation d’économies budgétaires qui se noieront dans la masse des dépenses) mais en référence précise, ciblée aux missions intrinsèques de service public et aux activités concrètes dont ces agents ont la charge.
3.Conduire une dynamique de changement participatif : pas de « top-down ». Développer une conduite partenariale du changement organisationnel, laissant une place au volontariat et à la spontanéité des agents de base.
4.Savoir gérer le temps de la réforme Le risque est grand que les agents se sentent violentés. Tout l’art de la conduite du changement consiste à préparer convenablement le terrain, à ouvrir un large débat sur le projet global tout en annonçant la détermination des autorités à aboutir à la fusion dans un délai raisonnable. Compte tenu du temps du politique et du temps organisationnel dans la France actuelle, ce délai raisonnable se situe entre dix-huit mois, marge très basse, et trente-six mois. La réalité de la fusion se faisant elle sur une période plus longue. La fusion juridiquement réalisée (arrêté de réorganisation, nominations) ne marque pas le terme de l’opération. « On ne change pas la société par décret », selon Michel Crozier.
5.Dépenser un peu pour gagner beaucoup Ce qui précède n’a de chances de réussites que si les avantages pécuniaires des corps de fonctionnaires concernés sont conservés voire accrus, leurs perspectives de carrière garanties et, enfin, une équité assurée en ces deux domaines entre les corps issus des directions fusionnées.
Il s’agit de traiter de façon à la fois préalable et préventive les diverses composantes du dossier GRH, à la fois le rapprochement statutaire, le cadencement comparable des carrières, l’harmonisation par le haut des rémunérations et régimes indemnitaires, mais aussi la mise en place d’une GPEEC adaptée au cas d’une réduction à terme des effectifs, suite aux économies d’échelle résultant de la fusion.
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3 novembre 2009 03:55Fusions de directions : conditions de réussite
1er septembre 12:36, par Christian LouboutinRéagir :
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