Retour vers l'accueil

France Qualité Publique > Améliorer la qualité publique > Bonnes Pratiques > Ville de Cluse : Dépasser les frontières sociales - cf Adels

> Bonnes Pratiques

Ville de Cluse : Dépasser les frontières sociales - cf Adels

Ville de CLUSES

Comme les autres communes du contrat d’agglomération de la vallée de l’Arve, Cluses a vécu de l’activité horlogère jusqu’au début du siècle, activité qui a été remplacée dans la ville par une industrie de sous-traitance : le décolletage. Cette reconversion a permis un fort accroissement économique et démographique jusqu’en 1990. De nombreuses petites entreprises ont été créées, favorisant l’émergence de deux figures sociales principales : le patron et l’ouvrier. Une mauvaise expérience de programme de développement social des quartiers, éloigné des problèmes concrets, a laissé une image négative des interventions territorialisées aux élus et aux acteurs locaux.

On distingue aujourd’hui quatre groupes d’acteurs : les personnes privées, les groupes « naturels » informels, les associations et les instances publiques. C’est dans cet ordre que la mission de développement - évaluations - méthode du Fonds d’action sociale (Fas) a décidé de prendre des contacts. Pour cela, un intervenant a circulé dans les quartiers, rencontré les habitants au pied des immeubles... Il a ainsi restitué les éléments du diagnostic et proposé des hypothèses d’objectifs dans un conseil de quartier.

Une enquête participative réalisée par des habitants :

L’absence de politique de peuplement dans le quartier des Ewues, actuellement en réhabilitation, a contribué au cloisonnement des espaces et des populations, à la persistance de frontières. Elles sont territoriales, entre trois entités distinctes, mal reliées entre elles, et subdivisées en sous-quartiers. Elles sont aussi humaines : entre les populations, les générations, les communautés, les locataires et les propriétaires.

Les associations issues de l’immigration sont nombreuses. De type communautaire et cloisonnées entre elles, elles accentuent les frontières et illustrent la forte logique de positionnement des acteurs. L’association Mosaïque a toutefois essayé de se démarquer en favorisant les relations interculturelles ; mais composée à majorité d’Algériens, elle est positionnée comme telle. Les priorités des élus associatifs semblent éloignées des réalités vécues par les adhérents et les habitants. Quelques personnes motivées et impliquées dans le conseil de quartier, par exemple, ne suffisent pas à les faire considérer comme des représentants.

Conjointement au travail de réflexion engagé par le conseil de quartier, un comité de pilotage du programme d’intervention territorialisé pour l’intégration (Piti) - qui réunit les représentants de la municipalité (services et élus), du conseil général, des opérateurs publics ou associatifs - a engagé une recherche/action avec les membres du conseil de quartier et l’opérateur HLM sur la réhabilitation du quartier autour des entrées d’immeubles. Des rencontres avec des habitants ont permis l’élection de représentants d’immeubles (d’abord cinq puis vingt-trois) et l’élaboration collective d’un réglement intérieur pour chaque immeuble.

Par ailleurs, une enquête participative a été réalisée par des habitants du quartier des Ewues. Il s’agit d’ un vecteur pour renouer le dialogue, engager d’autres actions-levier qui rendent visibles les ressources locales et créent une dynamique. Parmi les membres du conseil de quartier, quinze volontaires ont donc interrogé les habitants d’une rue. Les résultats ont ensuite été restitués lors d’un débat, en présence des habitants, du maire et du bailleur. Des propositions ont été échangées autour d’un objectif central : la communication et une vie plus communautaire. De plus, la diffusion d’un reportage à la télévision locale a apporté une reconnaissance aux acteurs et une valeur à cette initiative et à sa méthode.

Une réflexion a été engagée avec les services jeunesse de la municipalité, l’Epda, la Mjc et l’Université populaire pour préparer une autre enquête participative : pour et avec les jeunes, afin d’ouvrir le dialogue entre les 12-25 ans et les adultes.

Une démarche similaire est envisagée pour dépasser les frontières entre classes d’âge. Enfin, le projet d’espace de parole, en partenariat avec l’Alap, la Mjc, les professionnels de l’enseignement et l’Université populaire a pour objectif la création de passerelles entre familles et écoles.

Une logique de projets :

Dans le cadre de la réhabilitation du quartier, et afin de formaliser les acquis en terme de méthode, la municipalité a créé l’association Mieux vivre dans sa ville. Le maire en est actuellement le président et le conseil d’administration compte quelques habitants du quartier. Elle constitue un lieu de réflexion et de pilotage des projets en vue d’améliorer la vie aux Ewues. La municipalité a recruté pour l’association un responsable médiateur dont le profil a été élaboré avec l’appui de l’intervenant Piti en insistant sur la qualité de « passeur de frontières ».

L’acquisition des méthodes de concertation collective constitue une avancée dans la relation ascendante deshabitants vers la municipalité ; ces méthodes envisagent cette dernière comme un interlocuteur, un partenaire et un appui, davantage que comme un obstacle et un prestataire institutionnel. La municipalité a bien compris l’intérêt de faire face à une demande par une logique de projet. Associer les habitants à ces projets concrets de réhabilitation du quartier a favorisé leur mobilisation.

Il faut pourtant souligner que les associations ne sont pas considérées par les habitants comme des relais. Leurs élites sont valorisées et reconnues dans le conseil de quartier où elles ont le statut de correspondants de communauté. Mais il semble qu’elles ne remplissent pas un rôle de mobilisateur, leur image étant plutôt celle de « gendarmes » rappelant à l’ordre leurs « sujets ». Une démarche a donc été mise en oeuvre pour légitimer ces correspondants, au même titre que les représentants d’immeubles. Il faut maintenant entretenir cette habitude de dialogue qui s’est installée dans le quartier des Ewues...

© 2000 Adels Territoires - 108/110 rue St Maur 75011 Paris - 01 43 55 40 05 MAJ - 10.11.00

Le Conseil de Quartier de Les Ewues

Le Conseil de Quartier de est composé :

ACTIVITES :

Contact : Claude COGNAT Président du Conseil de Quartier Les Ewües/Grands-Champs


Vous êtes manager ?
Vos ressources en quelques clics

Haut de page

Bonnes Pratiques





Bulletins

Au sommaire du dernier bulletin :

Octobre 2007
  1. France Qualité Publique
  2. Gagner sur les coûts de non-qualité
  3. Etudes comparatives
  4. La révolution Qualité publique en marche
  5. Qualité publique en Europe : études sur les services publics
  6. Livres, agenda
  7. ANNEXE : Les bénéfices d’une démarche qualité, cas du CREPS de Reims



AGENDA
Nouveautés du site
Votre avis sur le site
La bonne pratique du mois

Blog de la qualité publique

Liens RSS